Dix ans déjà que le phénomène Animal Crossing a réellement décollé en Europe, grâce à la Nintendo DS et ce premier épisode portable. Revenons sur les raisons de ce succès.

Animal Crossing avait déjà fait une escale en Europe deux ans plus tôt, sur Nintendo GameCube. Un véritable OVNI à l’époque. Il faut dire qu’on ne trouve pas facilement de titre vous proposant de tout plaquer pour aller vivre dans un village rempli d’animaux tous plus étranges les uns que les autres, cueillir des fleurs, vendre des fruits et capturer des insectes. Il n’y a pour ainsi dire aucun objectif dans le jeu, qui continue à évoluer en temps réel que vous jouiez ou non, laissant au joueur une liberté totale. Un concept unique, qu’on adore ou qu’on déteste, mais face auquel on ne reste jamais indifférent.

Lorsque Wild World débarque chez nous, la Nintendo DS est déjà bien implantée et peut déjà expliquer en partie ce succès, surtout comparé au premier épisode qui était plutôt considéré comme un jeu de niche, très typé japonais. Ici, la communication est beaucoup plus axée sur le côté communautaire et particulièrement dirigée vers la gent féminine.

Mais surtout, c’est l’aspect portable du jeu qui fait mouche cette fois. L’expérience se vit en effet sur de courtes sessions : un coup d’oeil à 9 heures à l’ouverture de la boutique de Tom Nook, un rendez-vous avec un habitant à 14 heures, et un tour au musée plus tard dans la journée, voilà comment on joue à Animal Crossing. La sortie récente du jeu sur la console virtuelle de la Wii U est d’ailleurs un non sens pour moi.

Ensuite, il faut bien avouer que les possibilités de personnalisation sont cette fois beaucoup plus poussées que dans l’épisode précédent, qui ne permettait par exemple pas de changer de couvre-chef. La liste des poissons, insectes et fossiles est en outre encore plus conséquente, assurant de nombreuses heures de jeu supplémentaires.

Enfin, pour la première fois, il est désormais possible de visiter la ville d’un autre joueur en se connectant à Internet. L’option était déjà disponible sur Nintendo GameCube, via un échange de cartes mémoires, mais les possibilités étaient bien moindres. Ici, c’est une petite révolution à laquelle nous avons droit, la limite étant finalement l’imagination des joueurs. Échanger des objets rares, vendre ses fruits à un prix plus avantageux, ou même organiser une partie de cache-cache, tout est possible.

Pourtant, aussi bon soit-il, le jeu a plutôt mal vieilli dix ans plus tard, surtout du côté graphique. Animal Crossing: New Leaf, sur Nintendo 3DS, est en effet passé par là et propose réellement l’expérience ultime. On ne peut en tout cas que féliciter le volet Wild World d’avoir véritablement posé les bases de cette série si particulière, et surtout d’avoir décuplé la population d’utilisateurs ayant succombé à ses charmes.