Si vous avez lu mon précédent article qui lui était entièrement dédié, vous savez à quel point j’affectionne Chibi-Robo!. Le personnage, mais aussi et surtout son concept. Imaginez alors ma déception quand j’ai appris que le dernier opus de la saga serait un jeu de plateformes. Je l’ai pourtant testé pour vous, et voici ce qu’il faut retenir.

Un jeu de plateformes donc. Pourquoi pas. Mais sur consoles Nintendo, le genre est plus que prisé, et on ne s’attaque pas à Mario sans avoir de solides bases ou un concept original. Dans le cas qui nous occupe, l’originalité vient du personnage en lui-même. Car s’il peut bien entendu sauter, il dispose surtout d’une prise de courant qu’il peut projeter devant lui pour vaincre des ennemis, ou pour s’accrocher à certaines parois autrement inaccessibles.

Plutôt bien pensé, cet atout apporte un peu de variété au gameplay. La prise dispose de deux types de visée : l’une, basique, s’active instantanément d’une pression sur le bouton X, mais sa portée est minime. Elle ne peut en outre être envoyée qu’horizontalement ou en diagonale. Avec Y, vous pouvez par contre régler votre tir et votre prise peut alors être envoyée beaucoup plus loin, pour peu que vous ayez récupéré assez de rallonges dans le niveau en cours.

Seul bémol, la maniabilité est loin d’être optimale, et ce, dans les deux cas de figure. Le lancer avec X est on ne peut plus rigide, et très complexe à utiliser en même temps qu’un saut, tandis qu’avec Y, le curseur de visée est soit beaucoup trop rapide ou beaucoup trop lent… Voilà qui n’aide pas à mettre en pratique la mécanique principale du jeu.

En outre, si sur papier l’idée avait de quoi séduire, elle est malheureusement très répétitive dans les faits. Et niveau après niveau, on continue à répéter les mêmes ricochets, accrocher les mêmes murs, et détruire les mêmes ennemis. C’est bien simple : on n’est pratiquement jamais étonné et on finit par traverser les niveaux machinalement.

Ce qui n’aide pas non plus, ce sont les graphismes, à la limite de l’acceptable pour le support. La plupart des plateformes sont cubiques (mais pourquoi donc ?) et les ennemis croisés, sans personnalité, sont les mêmes du début à la fin. Le jeu est bien divisé en différents mondes sur le thème des continents, mais dans les faits, seul l’arrière-plan change. Dommage, puisque l’animation de Chibi-Robo lui-même était, elle, tout à fait correcte.

Les points évoqués plus hauts ne sont que plus dommageables quand on sait que la durée de vie est plutôt honnête, avec pas mal de bonus à collecter dans les niveaux, à commencer par des friandises japonaises de la vie réelle. On s’étonnera donc que les développeurs se soient sentis obligés de gonfler cette durée de vie artificiellement par un système totalement aberrent vous obligeant, pour passer d’un niveau à l’autre au sein d’un même monde, à tourner une roue vous indiquant votre prochaine destination… quitte à retomber sur un niveau déjà joué. On peut heureusement influer sur les résultats de la roue, mais cette trouvaille ne fait au final que ralentir encore le jeu.

Enfin, quelques mots sur l’amiibo qui, s’il est très réussi visuellement, n’apporte pas grand-chose à l’ensemble, comme on pouvait s’y attendre. Une prédiction à l’écran-titre, un distributeur de figurines à collectionner, des super pouvoirs une fois par jour, voici en gros ce qui vous est proposé.

VERDICT : 5/10 – Comme on pouvait le craindre, c’est un retour manqué pour Chibi-Robo!, la faute au genre choisi pour ce nouvel épisode, le jeu de plateformes, qui ne lui convient définitivement pas, à un gameplay rigide et un design peu attirant. Dommage, car le personnage est vraiment attachant et mérite de voir son concept initial mis en avant. Pourquoi ne pas acheter l’amiibo seul pour montrer à Nintendo qu’on aime le personnage ?

À propos du jeu
  • Console : Nintendo 3DS
  • Éditeur : Nintendo
  • Développeur : Nintendo
  • Genre : Plateformes
  • Joueurs : 1
  • Compatibilité : amiibo
  • Sortie : 6-11-2015
  • Prix : 29,99 EUR