Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez sans doute à quel point j’apprécie la série Mario Party pour son accès facile et la convivialité qu’elle peut apporter. C’est bien simple, depuis le quatrième volet, je n’ai manqué aucun rendez-vous avec la joyeuse bande. Pourtant, tout n’est pas toujours rose au Royaume Champignon, entre des parties un peu lentes, des mini-jeux trop axés sur la chance, ou des règles qui n’innovent que rarement. Qu’à cela ne tienne, nous voici déjà au dixième volet, et avec lui l’arrivée de Bowser et des amiibo sur le devant de la scène.

Mais avant de s’attarder sur le grand méchant, revenons un instant sur le mode classique Mario Party, qui reprend exactement les nouvelles règles instaurées par son prédécesseur. Les quatre joueurs se déplacent donc toujours tous ensemble à bord d’un même véhicule et parcourent ensemble un parcours linéaire à la chasse aux petites étoiles. À tour de rôle, les joueurs jettent le dé, et tombent sur des cases lançant des évènements spéciaux, leur offrant de nouveaux dés, ou leur retirant des étoiles. Sans oublier les fameux mini-jeux qui peuvent se lancer à tout moment. Plutôt variés et opposant tantôt tous les joueurs tantôt des équipes, ceux-ci vous permettent d’empocher plus ou moins de petites étoiles selon vos performances.

Convivial, prenant et facile d’accès, ce mode remportera sans doute les suffrages de la plupart des joueurs. Il faut dire que l’action est bien plus rapide qu’avant et que l’on s’ennuie moins qu’avant pendant le tour de ses adversaires. En outre, les dés spécieux apportent un brin de stratégie bienvenue, tandis que les combats en équipe contre les boss – au milieu et à la fin de chaque plateau –  restent toujours aussi bien pensés pour la plupart.

On regrettera seulement le faible nombre de plateaux – cinq – proposés, surtout en comparaison aux anciens épisodes qui nous avaient habitués à mieux. En outre, les instructions relatives à chaque mini-jeux ont été réduites au strict minimum et s’avèrent parfois un peu troubles. Si cela a le mérite d’encore accélérer le rythme, les commandes ne sont pas toujours claires.

On ne peut pas le manquer sur la boite de jeu, Bowser fait son entrée en fanfare dans un tout nouveau mode à son nom, tirant parti du Wii U GamePad. Jusqu’à quatre amis peuvent s’unir pour tenter de lui échapper tandis que le cinquième joueur se fera un malin plaisir de les persécuter pour leur retirer tous leurs points vie, et ce, avant que leur véhicule n’atteigne la ligne d’arrivée. Pour ce faire, le roi des Koopa dispose d’un nombre conséquent de dés qui lui permettront presqu’à coup sûr de rattraper le convoi et de lancer l’un des dix mini-jeux Bowser.

Le fameux gameplay asymétrique de Nintendo montre alors enfin son utilité et les quatre joueurs auront fort à faire pour éviter les boules de feu que leur enverra le joueur seul en soufflant dans le micro, pour sortir vivants de la roue de hamster que Bowser fera tourner via l’écran tactile du GamePad, ou encore  pour atteindre le sommet d’une tour interminable poursuivis par le vilain Koopa. Il faut reconnaitre qu’il est assez jouissif d’incarner Bowser, d’autant plus que les mini-jeux sont globalement bien pensés, bien que favorisant généralement le grand méchant. Mais pourquoi n’en avoir inclus que dix ? Ce choix est difficilement compréhensible et on en fait rapidement le tour en une seule partie, sans avoir forcément l’envie d’y revenir. Dommage.

Enfin, troisième et dernier mode : amiibo Party ! Vu le succès rencontré par ces petites figurines interactives, on se doutait qu’on y aurait droit. s’ile st recommandé à chaque joueur de posséder son amiibo pour participer, un seul suffit pour lancer la partie. Tout dans ce mode évoque les véritables jeux de plateaux, de votre pion immobile au design plastique des éléments. Vous devrez en outre vous servir de votre amiibo comme d’un véritable pion pour vous déplacer et lancer les dés, en le posant sur le point de contact NFC pour exécuter ces actions. Les règles ici s’inspirent des anciens épisodes (1 à 8) de la série, et les joueurs parcourent donc le plateau en tentant de récupérer des pièces à échanger contre les fameuses étoiles.

Comme d’habitude, les pièces s’obtiennent en remportant des mini-jeux ou lors d’évènements spéciaux. Particularité ici, le plateau, à l’apparence assez simple, est aux couleurs de l’un des amiibo en jeux, et chacune de ses quatre parties peut être remplacée en cours de partie par celle d’un autre personnage, si vous récupérez le jeton assorti en parcourant le plateau. L’option est amusante, et rend les parties différentes puisque chaque morceau de plateau propose ses propres bonus et évènements spéciaux. La possibilité de sauvegarder des jetons bonus sur son amiibo est également bien pensée, même s’il faut pour cela écraser les éventuelles données d’autres jeux qui seraient déjà enregistrées sur la figurine. Le fait de devoir constamment utiliser son amiibo pour exécuter une action se révèle cependant vite contraignant, alors qu’une simple pression sur le bouton A aurait suffit…

Au final, Mario Party 10 reste fidèle à la recette habituelle en nous servant un jeu accessible à tous et toujours très convivial. Il innove aussi avec deux modes de jeux inédits bien pensés, mais malheureusement pas peaufinés jusque dans les moindres détails. Le mode Bowser Party souffre en effet d’un nombre bien trop faibles de mini-jeux, tandis que le mode amiibo Party se révèle un brin simpliste et surtout trop contraignant. Une valeur sure pour une soirée réussie néanmoins, en attendant le onzième volet dans quelques mois !