Collavier

Si le nom de Collavier ne vous dit rien, leurs derniers jeux ne vous sont surement pas inconnus. Painting Workshop et Comic Workshop, My Aquarium, et Monster Combine TD se sont succédés ces dernières semaines sur le Nintendo eShop, et le studio compte bien encore renforcer sa présence en Europe.

Jeremy Elbaz a accepté de répondre à mes questions et de nous exposer sa vision du marché du jeu vidéo européen et les particularités des consoles Nintendo, entre autres. L’occasion également de découvrir l’envers du décor de ce petit studio qui compte une dizaine de passionnés.

Planète Nintendo : Merci d’avoir accepté cette interview. Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle chez Collavier ?

Jeremy Elbaz : Intégrant l’équipe entièrement japonaise de Collavier en début 2014 pour permettre une plus souple gestion de la distribution internationale, je m’occupe évidement des relations presse et clientèle mais aussi de tout ce qui touche au marketing (Amérique du Nord/Europe), des traductions françaises et à votre surprise peut-être, je suis aussi attitré de programmeur.

Comment s’est fondé Collavier en 2008 ? Combien de personnes y travaillent et développent des jeux ?

Collavier a été fondé par Yoshinori Satake (game designer du très renommé Steel Empire) et incluant des membres de l’éditeur Ertain (Boxer’s Road et Gladiator: Road to Freedom) avec pour but de délivrer une gamme de jeux et logiciels frais pour le grand public.

Seulement une douzaine de personnes sont comptées dans l’entreprise actuellement dont la grande majorité est soit programmeur, soit dessinateur.

Vous débarquez en Europe en 2014, qu’est-ce qui vous a motivé ?

La motivation pour sortir nos produits en Amérique du Nord et en Europe vient bien sûr de l’émergence des marchés digitaux qui facilite grandement l’exportation.

Pourquoi 2014 ? L’intérêt porté par les medias à la sortie de Comic Workshop au Japon a été un grand déclencheur je pense. Ensuite mon arrivée a lancé la procédure.

Quelles sont les particularités du marché européen par rapport au marché japonais d’après vous ?

Au niveau du digital, deux grandes différences sont notables :

  • Le nombre de langues disponibles en Europe. Heureusement, traduire un jeu dans toutes les langues pour une sortie européenne n’est plus obligatoire, ce qui facilite l’entrée des développeurs Indé. Cependant, il reste très important de traduire les jeux pour pouvoir toucher un maximum d’utilisateurs, ce que notre situation ne nous a pas permis pour le moment. Faire traduire un jeu est aujourd’hui encore très couteux.
  • Le nombre d’utilisateurs. Les marchés digitaux sur console sont très en retard en Europe si l’on compare avec l’Amérique du Nord et surtout le Japon. Nous pouvons compter sur le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne mais la différence reste importante.

Vous développez presqu’exclusivement sur consoles portables Nintendo. Pourquoi ce choix ?

Les consoles portables de Nintendo ont beaucoup de charme, il est possible de faire preuve d’innovation, le type d’utilisateur n’est pas fixe et le parc de consoles installées est bien sûr financièrement intéressant. À l’heure d’aujourd’hui, nous avons beaucoup de projets sur diverses plates-formes, smartphone et tablette par exemple. Collavier possède aussi une collection de jeux Playstation disponible sur le PS Store Japonais et qui inclut l’incroyable The Adventure of Little Ralph.

Avez-vous également des projets sur Wii U ?

C’est en pourparlers pour certains projets qui avaient été prévues pour la Nintendo Wii et qui pourraient au final se retrouver sur Wii U. Mais je n’ai pas plus d’informations.

Sur base de quels critères choisissez-vous de localiser un jeu ou non en Europe ?

Nous pourrions dire que nous sommes encore en période de test.

Notre gamme d’applications de dessin a eu un très grand succès (surtout aux États Unis et au Canada) et maintenant nous regardons comment cela va se passer pour Monster Combine TD.

Jeux de stratégie, cours de dessin, etc. Quelles sont les sources d’inspiration des développeurs ?

Notre équipe étant plutôt libre et chaque membre ayant l’opportunité de soumettre un projet, notre gamme de jeux et logiciels se retrouve plutôt variée en effet.

La demande pour les logiciels de dessin est toujours là donc il nous apparait plutôt normal d’y répondre.

Ont-ils un genre de prédilection ?

Je pense que chaque membre de l’équipe a son propre genre de prédilection, ce qui est sûr est que nous jouons tous beaucoup aux jeux de Nintendo. Je pourrais vous dire que le programmeur en chef de Monster Combine TD apprécie tout particulièrement les jeux d’horreur.

Quelles sont vos relations avec Nintendo ? Interviennent-ils lors du développement ? Vous orientent-ils dans certains choix ?

Nous ne pouvons pas vraiment dire que Nintendo intervienne dans le développement mais il nous arrive de prendre conseil auprès d’eux au niveau marketing.

Que pensez-vous du Nintendo eShop et de la promotion qui y est faite de vos jeux ?

Le Nintendo eShop est une incroyable plateforme pour copies digitales. Non seulement le contenu est présent, les mises à jour sont courantes et beaucoup de soldes y figurent, son utilisation est très simple.

Nintendo of Europe est actuellement très généreux dans la promotion faite pour nos jeux.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour les années à venir ?

D’être encore présent sur la scène vidéoludique ^^ ?

Plus sérieusement, Collavier a pour inspiration de faire des jeux et logiciels qui plaisent à leurs utilisateurs, pour cela nous souhaitons garder cette liberté qui est nôtre et qui nous permet de donner notre maximum pour sortir de bons produits.

Encore merci pour cette interview et bonne continuation à toute l’équipe.

Interview réalisée le 27 janvier 2015.