Si elle était jusqu’alors réservée aux possesseurs de consoles Sony, la série Persona s’ouvre enfin aux joueurs Nintendo puisque c’est bien la Nintendo 3DS qu’Atlus a choisi pour accueillir son nouveau Persona Q: Shadow of the Labyrinth. Mais attention, car si cette aventure est réellement inédite, il s’agit en fait d’un spin-off avec une autre des licences phares d’Atlus, à savoir Etrian Odyssey, une série déjà plus familière aux joueurs Nintendo, et qui fait le bonheur des aficionados de ce genre si particulier qu’est le dungeon-RPG. Un choix pertinent ? C’est ce que nous allons découvrir tout de suite ?

La magnifique scène cinématique d’introduction passée, l’heure des premiers choix a sonné. Le plus difficile d’entre eux si vous connaissez la série sera de choisir avec quelle équipe partir à l’aventure. Car le titre vous propose d’incarner les protagonistes de Persona 3 ou Persona 4, au choix. Ceci aura bien entendu une incidence sur le scénario. Deuxième choix, celui de la difficulté. Et ce sont pas moins de cinq modes de difficulté qui sont disponibles, du mode « Safety » – conseillé à ceux qui veulent profiter au mieux de l’aventure sans risquer de devoir recommencer certains combats ardus encore et encore – à l’infernal mode « Risky », en passant par les classiques « Easy », « Normal » et Hard ».

Après une longue introduction et des dialogues interminables bien qu’importants pour s’imprégner de l’ambiance du titre. C’est donc au collège Yasogami pendant lequel des évènements étranges semblent se dérouler, à commencer par ce clocher apparu de nulle part. Et que penser de ces deux étranges étudiants, Zen et Rei, qui souffrent d’amnésie ? Plus inquiétant encore, il semble désormais impossible de sortir de l’école. La seule solution semble bien être d’explorer ces étranges labyrinthes qu’on dirait coincés dans une autre dimension. C’est désormais à vous qu’il appartient de les explorer l’un après l’autre afin de découvrir le fin mot de cette histoire, en apprendre plus sur Zen ou Rei, et sauver l’école, rien que ça !

Le gameplay consistera donc principalement entre des allers-retours entre ces mystérieux labyrinthes bourrés de monstres, mais surtout de trésors, et l’école, qui fera office de quartier général et dont l’infirmerie vous sera particulièrement utile. Au sein même des labyrinthes, l’action s’inspire en grande partie d’Etrian Odyssey. Vous vous déplacerez donc à la troisième personne dans des dédales en trois dimensions, à la recherche de trésors et en défiant régulièrement les monstres occupant les lieux. Au fur et à mesure de votre progression, vous complétez vous-même la carte du dédale, en plaçant avec soin murs, passages secrets, et coffres. Une fonctionnalité particulièrement prenante, pour peu que vous ayez la patience de vous y atteler avec soin, car certains trésors ne peuvent être débloqués qu’avec une carte complétée à 100 %. Une utilisation tout simplement parfaite de l’écran tactile de la console, mais surtout indispensable pour s’y retrouver dans ces labyrinthes qui peuvent se montrer particulièrement retors.

Le système de combat, au tour par tour, est également particulièrement bien pensé et rend les joutes passionnantes. Les cinq membres de votre groupe possèdent bien entendu des attaques classiques, mais ils peuvent aussi utiliser des attaques spéciales qui consomment de l’énergie. Là où cela devient intéressant, c’est que lorsque vous identifiez le point faible d’un ennemi, vous passez en mode Boost, qui vous permet d’utiliser ces capacités puissantes sans consommer vos SP. Plusieurs personnages en mode Boost peuvent également enchainer plusieurs attaques pour infliger un maximum de dégâts. À cela s’ajoute toute une série de particularités qui s’apprennent au fur et à mesure de l’aventure et viennent enrichir l’expérience, déjà très convaincante.

Du côté de la réalisation, on est sur du très lourd. Que ce soit au niveau des cinématiques, des animations ou des graphismes 3D, on se demande comment la Nintendo 3DS peut bien faire tourner tout cela de manière aussi fluide. Au niveau sonore, les développeurs ont également fait très fort avec des mélodies pop très entrainantes sans être entêtantes, et carrément un morceau chanté lors des combats. Un vrai plaisir.

Il faudra malheureusement terminer sur une note un peu décevante et qui fera grincer des dents à plus d’un joueur : le jeu n’est pas traduit en français, et il vous faudra donc partir à l’aventure dans la langue de Shakespeare. C’est regrettable, d’autant plus que le jeu est plutôt bavard. Il est bien sûr possible de joueur sans lire les textes, mais ce serait particulièrement dommage pour l’immersion.

C’est un coup de maitre que signe ici Atlus avec Persona Q. Rarement un spin-off s’était montré aussi complet, tant du côté de la réalisation que du système de jeu, pour peu bien sûr que vous adhériez au genre dungeon-RPG, par définition un brin répétitif tout de même. On appréciera aussi l’accessibilité génrale du titre qui propose tout de même cinq modes de difficulté, et ne laisse pas sur la touche les nouveaux venus dans l’univers de la série.

Logiciel fourni par NIS America pour les besoins de ce test.

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