Cela n’aura échappé à personne, Ittle Dew a plus qu’un air de ressemblance avec un certain The Legend of Zelda: A Link to the Past. Mais calmons tout de suite les ardeurs des joueurs qui crieraient au scandale : le titre est loin d’être une copie, mais un bien bel hommage au jeu mythique de Nintendo. On va voir tout de suite pourquoi.

Comme son illustre modèle, Ittle Dew est donc un jeu d’aventure en deux dimensions, dans lequel vous incarnez une jeune pirate blonde vêtue d’habits verts (cela ne s’invente pas) qui s’échoue sur une île mystérieuse. Pour s’échapper, une seule solution : prendre la mer. Mais la seule personne susceptible de l’aider s’avère être un commerçant avare qui n’acceptera de lui construire un radeau que si elle lui ramène un artefact caché au fin fond d’un château – LE château – bourré d’énigmes et de mécanismes redoutables. Ni une ni deux, voilà notre nouvelle héroïne en route vers le château en question. Ce sera d’ailleurs là le donjon principal du jeu, dans lequel vous devrez revenir à plusieurs reprises, au fur et à mesure que vous obtiendrez de nouvelles armes et débloquerez l’accès à de nouvelles salles.

Sous cette particularité se cache en fait l’un des points positifs du jeu, sa relative liberté. En effet, selon l’arme que vous achèterez d’abord chez le marchand, vous pourrez explorer d’autres parties du château en premier lieu. La carte du monde renferme en outre toute une série de cavernes secrètes proposant des énigmes vraiment retorses, et dont la résolution nécessite bien souvent une arme en particulier.

Graphiquement, Ittle Dew affiche un style cartoon dessiné à la main qui lui va comme un gant. Là encore, l’inspiration semble évidente, puisque l’ensemble fait parfois penser à Wind Waker, mais avec une patte graphique toute personnelle et un peu rondouillarde. L’ensemble est soutenu par des couleurs très vives qui renforcent encore le côté BD très assumé. Et d’un point de vue sonore, c’est du tout bon également avec des mélodies très inspirées qui collent bien au thème des pirates. Mention particulière pour le morceau qui vous accompagnera dans le Château ! On regrette d’autant plus que les développeurs n’aient pas fait un peu plus d’effort sur le design des menus et des dialogues, qui s’affichent… en Arial ! Voilà qui manque un peu de personnalité.

Rien de particulier à signaler du côté de la maniabilité, avec des commandes très classiques, et notamment l’utilisation des quatre boutons d’action assignés à chacune des armes que vous récupérerez, ainsi que la gâchette L utilisée pour appeler à l’aide votre fée-renard (vous avez bien lu) qui vous délivrera quelques conseils avisés si par malheur vous séchiez sur une énigme. L’écran du GamePad affiche en permanence une carte bien pratique pour ne manquer aucun trésor, mais il permet également comme souvent de jouer sans téléviseur.

Et puisqu’on en est à parler des points gênant, notons le fait que le personnage principal ne peut se déplacer que dans quatre directions. Plutôt gênant quand on se retrouve face à un boss coriace et que l’on ne peut même pas lui asséner de coup en diagonale… Ce mode de déplacement n’est absolument pas dérangeant en exploration, et les boss ne sont pas légion, mais on aurait apprécié que ce petit détail soit réglé pour éviter quelques frustrations.

D’autant plus que la difficulté est plutôt bien gérée, avec des énigmes plutôt simples au début, idéales pour initier les plus jeunes au genre, et quelques salles renfermant des mécanismes bien plus redoutables. L’option « recommencer le niveau », directement intégrée au menu Pause, ne sera pas inutile. Quant à la durée de vie, elle peut varier du simple au double si vous choisissez d’explorer les quelques donjons optionnels ou non, et si vous acquérez les armes qui vous faciliteront grandement l’exploration plus ou moins rapidement. On appréciera également l’humour omniprésent du titre, que ce soit au niveau des dialogues ou du design de certains ennemis. Une qualité qui fait parfois défaut à un certain Zelda…

Ittle Dew est un jeu d’aventure bourré de charme. S’il ne cache pas son inspiration, il parvient sans mal à se distinguer de son modèle grâce à son humour bien senti, son monde ouvert, ses graphismes très cartoon et son déroulement non linéaire. Sa difficulté bien dosée et ses options d’aide optionnelles satisferont en outre tant les plus jeunes joueurs que les habitués du genre. Dommage que quelques bugs gênants viennent parfois ternir cette expérience rafraichissante, et que le jeu n’ait pas été fignolé jusque dans les moindres détails, mais force est de constater que le titre a totalement sa place sur le Nintendo eShop.

Logiciel fourni par Ludosity pour les besoins de ce test.