On continue notre tour d’horizon des productions indépendantes disponibles en téléchargement sur le Nintendo eShop et qui valent vraiment le détour, notamment parce qu’elles abordent des genres connus sous un angle inédit. C’est le cas de The Swapper, qui s’attaque aux jeux de casse-tête d’une façon pour le moins… originale.

C’est dans l’espace que se déroulera votre périple. Sans grande introduction – c’est voulu -, vous voilà livré à vous-même après un atterrissage forcé sur une station spatiale, dans un silence plus qu’oppressant. Car The Swapper, c’est avant tout une ambiance à part entière. Visuelle tout d’abord, avec des décors entièrement réalisés à base d’argile, des jeux de lumière magnifiquement retranscrits, et des endroits sinistres à explorer dans le plus grand silence. Car l’ambiance sonore, composée essentiellement de simples morceaux au piano, sait également planter le décor, et se faire discrète ou inquiétante aux moments clés.

Maintenant que le décor est planté, quelle est votre mission exactement ? Survivre et évoluer sur la station spatiale pour récupérer de mystérieuses orbes habilement disséminées dans cet univers hostile. Celles-ci vous ouvriront des portes vers d’autres énigmes, et le scénario se dévoilera alors progressivement de lui-même, et vous en saurez plus sur les raisons de votre présence ici. Pour y parvenir, vous devrez faire appel à un étrange dispositif vous permettant de créer jusqu’à quatre clones de vous-mêmes, mais aussi de transférer votre conscience dans celui de votre choix, en d’autres termes en prendre le contrôle, ou swapper, comme le nom du jeu l’indique. Ainsi, pour atteindre une zone en hauteur a priori inaccessible, il vous suffit de pointer votre dispositif vers cet endroit et d’y créer un clone, qui répondra alors aux moindres de vos faits et gestes. Cela parait simple, mais certaines situations exigeront de vous bien plus de réflexion que cet exemple simpliste. Il vous faudra parfois sacrifier un clone avant de transférer votre conscience dans un troisième personnage, ou encore déplacer quatre de vos doubles en rythme pour activer des interrupteurs de façon synchronisée !

Plutôt retorses, les énigmes vous laisseront souvent gamberger, mais ne sont que très rarement frustrantes. Surtout que votre équipement principal ne changera pas au cours de votre aventure et que vous apprendrez donc vite à vous en servir le mieux possible. Mais des mécanismes plus complexes viendront également vous barrer la route, comme des zones dans lesquelles il est impossible de créer un clone ou d’autres ne permettant pas le transfert de conscience.

On l’avait presqu’oublié, mais le GamePad peut aussi servir à autre chose qu’au mode off-TV – qui est tout de même également présent -, et on ne peut que féliciter les développeurs de s’en être souvenus, car l’utilisation qui en est faite ici est plutôt intéressante. En plus d’afficher un plan très pratique de chaque zone visitée, il sert également de récepteur pour les messages que vous recevrez tout au long de l’aventure, et qui vous en apprendront plus sur l’histoire. Quant à la maniabilité générale, elle vous demandera peut-être un léger temps d’adaptation avant de pouvoir jongler entre les clones, que l’on crée avec RZ et que l’on incarne avec LZ. Le stick droit est quant à lui utilisé pour pointer votre terminal à l’endroit voulu.

Le jeu n’est pas forcément très long – un peu plus de cinq heures en fonction de votre capacité à résoudre les énigmes – mais c’est finalement appréciable et empêche le concept de tourner en rond. Dommage que le niveau de rejouabilité soit plutôt faible, fatalement, car une fois les énigmes réussies, le plaisir de la découverte et de leur résolution n’est plus là.

S’il propose une ambiance oppressante unique et parfaitement retranscrite tant d’un point de vue graphique que sonore, The Swapper met surtout en avant un concept unique pour un jeu d’énigmes, qui mettra vos neurones à rude épreuve. Le jeu n’est pas forcément très long mais les cinq heures intenses qu’il propose raviront les amateurs de casse-tête, pour peu qu’ils adhèrent à l’univers si particulier du titre.

Logiciel fourni par Curve Studios pour les besoins de ce test.