Fraichement annoncées la semaine dernière, les deux « nouvelles » consoles portables de Nintendo font déjà beaucoup parler d’elles. Qu’ont-elles de particulier ? Quelle stratégie se cache devant leur commercialisation ? Et pourquoi l’Europe n’y aura-t-elle pas droit avant 2015 ? Tentatives de réponses ici !

Ce que l’on sait

Si vous n’avez pas lu l’actualité, voici les points à retenir :

  • Sortie prévue le 11 octobre au Japon, en 2015 partout dans le monde.
  • Les consoles adoptent désormais un stick C et deux nouvelles gâchettes ZL et ZR.
  • La technologie NFC sera intégrée de base aux deux modèles.
  • Le processeur plus rapide permettra de gagner du temps lors du téléchargement de jeux en ligne.
  • La 3D s’adaptera désormais à l’utilisateur et les angles ne devraient plus poser problème dans la perception de l’effet.
  • Le plus petit modèle bénéficiera de coques interchangeables vendues séparément.
  • Il s’agit réellement d’une nouvelle génération puisque des jeux exclusifs, comme Xenoblade Chronicles, ne seront disponible que sur ces nouveaux supports.

Le design

Si le design des deux modèles n’a pas foncièrement changé par rapport à leurs prédécesseurs, on distingue clairement les deux cibles visées. Le plus petit modèle, facile à glisser en poche, sera ainsi a priori destiné aux joueurs nomades, mais aussi et c’est nouveau, aux joueurs tendances qui pourront personnaliser leur console avec une multitude de coques interchangeables, de la plus sobre à la plus originale.

Le modèle XL n’est lui pas personnalisable, et conviendra donc parfaitement aux joueurs qui préfèrent s’adonner à leur passion chez eux, confortablement installés.

Le timing

Pourquoi lancer un nouveau modèle ? Et pourquoi maintenant au Japon et pas avant 2015 en Europe ? Plusieurs raisons pourraient expliquer cette stratégie.

La première est que la console semble clairement avoir entamé sa phase de déclin sur l’archipel, alors que ce n’est pas tout à fait le cas en Europe. Les Japonais n’ont en effet pas accueilli la Nintendo 2DS en rayons, ce qui implique que le dernier modèle paru, la Nintendo 3DS XL, est en vente depuis plus de deux ans. Il est donc grand temps de redynamiser les ventes et de relancer l’intérêt pour la console.

En Europe, la situation est quelque peu différente. La sortie l’an dernier de la Nintendo 2DS a élargi un peu la population de joueurs et n’a finalement connu qu’un seul Noël. Nintendo compte bien continuer à promouvoir celle-ci cette fin d’année puisqu’elle plait particulièrement aux jeunes enfants. Sans parler du modèle collector Super Smash Bros. annoncé récemment, et dont le succès commercial serait mis en péril par l’annonce de nouveaux modèles. D’autant plus que le Japon aura droit au même collector… mais en version actualisée ! Voilà qui explique sans doute le silence radio de la branche européenne.

De plus, la sortie de nouvelles consoles risquerait fort de faire de l’ombre à la Wii U en cette fin d’année, alors qu’elle pourrait enfin relever la tête grâce à une série de jeux exclusifs à paraitre.

Et puis il y a l’arrivée imminente des amiibo, ces figurines communiquant par NFC avec la Wii U et via un adaptateur avec la Nintendo 3DS. Et c’est justement cet adaptateur qui pourrait bien refroidir les joueurs qui souhaiteraient investir dans ces nouveaux articles de collections, facturés 13 EUR pièce tout de même. Avec les new Nintendo 3DS, aucun accessoire supplémentaire n’est requis, puisqu’elles disposent nativement de la technologie NFC.

Enfin, proposer ces deux modèles mis à jour permettrait de gagner du temps, entre deux et trois ans sans doute, avant la commercialisation d’une véritable nouvelle génération de consoles portables. Même si rappelons-le, la new Nintendo 3DS proposera des jeux exclusifs non compatibles avec les anciennes versions, ceux-ci ne devraient en revanche pas être majoritaires. On se souvient que la Nintendo DSi avait tenté ce pari en son temps, sans grand succès. En sera-t-il autrement pour ces nouveaux modèles ? Rien n’est moins sûr, mais toujours est-il que les développeurs pourront continuer à travailler sur un hardware qu’ils maitrisent depuis bien longtemps, ce qui n’est pas négligeable à une époque où la maitrise des couts est le maitre-mot.

Un nom dangereux

Lancer une nouvelle portable n’est pourtant pas sans risque et Nintendo devrait savoir que le nom du produit à une importance toute particulière. On se souvient sans mal de la confusion autour de la sortie de la Wii U. Peu de consommateurs ont compris qu’il s’agissait réellement d’une nouvelle console, avec des jeux à part entière, et non juste d’une mise à jour de la Wii.

L’appellation « New » Nintendo 3DS est-elle donc vraiment la mieux choisie ? Certes, rien de tel que de se baser sur une marque aussi forte et ancrée dans l’esprit des gens que l’est la marque Nintendo 3DS. Mais elle risque surtout de créer une confusion si les cinq modèles venaient à cohabiter quelques semaines. Encore plus en Europe, où la Nintendo 2DS a déjà semé le trouble. Nintendo aura donc tout intérêt à sortir rapidement les anciens modèles des rayons et à trouver un axe de communication capable de faire passer le bon message.

Enfin, faut-il rappeler que dans deux ans le mot « new » n’aura plus vraiment le même sens ?

Conclusion

La Nintendo 3DS originale entame sa phase de déclin et c’est donc le moment idéal pour Nintendo de lancer ces nouveaux modèles. C’est un joli challenge qui s’annonce pour la marque car les défis sont nombreux. Relancer l’intérêt pour la console, préparer l’arrivée des amiibo, et faire comprendre à tous qu’il s’agit bien d’une nouvelle gamme de consoles, avec ses propres jeux. Les équipes de communication auront fort à faire dans ce domaine et le lancement japonais sera à coup sûr très instructif… en attendant que l’Europe soit servie, quelque part en 2015 !