Le voilà enfin, celui que beaucoup surnomment le sauveur de la Wii U, celui censé mettre tout le monde d’accord, celui qui réconciliera les fans de Nintendo avec la console et qui vendra aux autres les multiples avantages de la machine. Mission accomplie ? Si vous avez lu ma preview du titre, vous savez sans doute déjà ce que j’en pense. Mes impressions se confirment-elles après quelques heures passées avec la version complète du titre ? C’est ce que l’on va voir tout de suite.

Est-il réellement utile de revenir sur l’aspect graphique du jeu ? C’est la première itération de la série en haute définition et cela se voit. Si de nombreux joueurs avaient pesté contre les graphismes dépassés de l’épisode Wii, Mario Kart 8 met les choses au clair et prouve à ceux qui en doutaient encore que la Wii U en a sous la capot. Les animations sont d’une fluidité exemplaire, les personnages disposent de dizaines de mimiques et réagissent en temps réel à leur environnement, les décors et la profondeur de champs sont à couper le souffle, et les effets spéciaux sont impressionnants de réalisme, qu’il s’agisse des effets d’eau, de chaleur, ou de glace. L’ensemble tourne à 60 images par secondes jusqu’à deux joueurs, et à 30 images par secondes à partir de trois joueurs.

Et puisqu’on en est à parler de l’habillage du jeu, voici l’occasion parfaite de souligner la performance de l’orchestre qui s’est chargé d’enregistrer les musiques du titre, les nouvelles, mais aussi les anciennes, retravaillées à la perfection. Les bruitages sont eux sans réelle surprise, de bonne facture, tandis que les voix sont variées, notamment grâce au travail du désormais célèbre Charles Martinet sur les personnages principaux.

La nouveauté principale du titre, on la connaît désormais, c’est l’antigravité, mise en avant dans toute la communication autour du titre. Cette fonctionnalité ne parait pas révolutionnaire de prime abord, puisque l’arrière-plan se contente finalement de se retourner dans les premier circuits du jeu comme le Circuit Mario, offrant certes une vue renversante de la situation, mais aucune sensation particulière, la caméra se retournant également. Ce sont les nouveaux circuits des dernières coupes qui en font finalement un usage bien plus intéressant et poussé. Ainsi, vous devrez apprendre à emprunter des murs et rouler à l’horizontale dans Promenade Toad, ou encore parcourir des chemins tortueux à donner le tournis dans le Château de Bowser. C’est là que cette nouveauté révèle enfin tout son potentiel. De nouvelles actions sont alors disponibles lorsque l’antigravité est activée. En heurtant un adversaire, vous pouvez bénéficier d’un boost supplémentaire, pouvant vous donner un avantage décisif.

Les circuits en eux-mêmes sont vraiment bien conçus, avec une jolie courbe de progressions dans les nouveaux circuits. On saisit d’abord le concept d’antigravité dans le Champidrome, on prend plus de risques dans le Manoir trempé, on dévale à toute allure le Mont givré (mon circuit préféré), et on tente de survivre dans le Château de Bowser avant de prendre son pied sur la traditionnelle Route arc-en-ciel. Les circuits retro ont eux aussi bénéficié de tout le soin nécessaire à leur résurrection. Et les développeurs n’y ont pas été de main morte tant certains sont méconnaissables. Si la Prairie Meu-Meu (Wii) et la Plaine Donut 3 (SNES) sont plutôt fidèles à leurs modèles, l’ajout de l’antigravité dans le Circuit Mario (GBA) ou l’autoroute Toad (N64) bouleverse littéralement nos habitudes. Et que dire de la Route arc-en-ciel (N64), véritable cadeau fait aux fans qui s’en donneront à cœur joie.

Toujours du côté des nouveautés, on retrouve trois nouveaux objets bien trouvés, et surtout très utiles. La plante piranha avale tout ce qui se trouve sur votre passage, vos adversaires autant que les pièces, tandis que le boomerang est aussi dévastateur à l’aller qu’au retour. Enfin, le super klaxon est le premier objet capable de venir à bout de la destructrice carapace bleue à épines. Le Grand Huit, très rare, vous offre même huit objets à la fois, l’occasion de rattraper votre retard.

Quelques petits ajustements passeront peut-être inaperçus mais tentent de rééquilibrer les choses et créent au final moins de frustrations auprès des joueurs. Il n’est ainsi plus possible de tomber d’un circuit, puisque Lakitu vient immédiatement vous repêcher pour vous remettre en selle. Impossible de transporter plusieurs objets également. Même si vous laissez trainer une carapace derrière vous, il faudra vous en débarrasser avant de pouvoir vous emparer d’une nouvelle arme. Enfin, notons que les trois bananes tournent désormais autour du joueur, et ne trainent plus derrière lui, lui offrant une protection moins important qu’avant.

Au niveau des options, c’est du classique et personnes ne sera dépaysé. Il y a bien sûr l’indémodable Grand Prix, en 50, 100 et 150 cc, ainsi qu’en mode miroir. Celui-ci vous permettra d’ailleurs de débloquer plutôt rapidement le casting complet de personnages, mais aussi de nombreux accessoires pour personnaliser votre véhicule, pas seulement esthétiquement, mais aussi au niveau de ses performances. À vous de tester les centaines de combinaisons en fonction de votre style de jeu et de votre personnages fétiche, léger, moyen, ou lourd.

Toujours au niveau des modes de jeu, le classique mode VS et ses nombreuses options de personnalisations, le mode contre-la-montre, ainsi que le mode Bataille, sans doute celui qui décevra le plus de joueurs, la faute à l’absence totale d’arènes. Il faut en effet jouer sur une sélection de circuits classiques, pas toujours adaptés de par leur taille, à ces joutes endiablées. Cela reste agréable à jouer néanmoins, mais on sent clairement un manque d’investissement ou de ressources de ce côté. Dommage.

Le gros morceau reste indéniablement le jeu en ligne, dans lequel Nintendo a beaucoup investi et cela se voit. En quelques secondes, vous pouvez affronter n’importe qui dans le monde entier ou juste dans votre région, ou prendre un peu plus de temps pour paramétrer une course à votre goût. Entre amis, vous pouvez ouvrir des groupes personnalisés et utiliser le chat vocal à l’envi. Le mode tournoi est également parfait pour organiser votre propre évènement, avec vos règles favorites. Je n’ai pour ma part noté aucun ralentissement ou problème technique en ligne, tout s’enchainant à la perfection.

Dernière nouveauté notable, Mario Kart TV vous permet d’enregistrer des vidéos de vos exploits. Après chaque course, en solo ou en ligne, les temps forts vous sont proposés. Vous pouvez alors les envoyer sur Miiverse ou YouTube, ou les retravailler comme vous le souhaitez en insistant sur les moments-clés à l’aide de ralentis bien placés.

Au niveau de maniabilité, tout est millimétré comme souvent chez Nintendo, et on nous propose un choix conséquent de contrôles, allant de la télécommande Wii à l’horizontale, au Nunchuk, ou à la manette classique. Dommage que l’écran tactile du GamePad soit sous-exploité puisque son utilisation est résumée à un klaxon et à l’affichage de la carte, malheureusement inutile. Qui ira jeter un œil à l’écran en pleine course au risque de se prendre un mur ? Le mode off-TV est également de la partie et toujours pratique lorsque la situation l’exige !

Mario Kart 8 est sans doute l’épisode le plus abouti de la série. Il reprend les bases solides de ses aînés, sans se reposer sur ses acquis. Peaufiné jusque dans les moindres détails, et notamment graphiquement, il ajoute également des nouveautés bienvenues. Ainsi, l’antigravité est une fonctionnalité étonnante qui change totalement la vision de la course, y compris dans les anciens circuits, retravaillés pour en tirer parti. Tout n’est bien sûr pas parfait, comme le mode Bataille bâclé ou l’utilisation limitée du GamePad, mais ce serait bouder son plaisir. Car une fois le volant en main, difficile de le lâcher tant le titre se révèle être un concentré de fun, particulièrement en ligne.

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