Dream Team Bros. est déjà le quatrième opus de la désormais célèbre série de jeux de rôles Mario & Luigi. Car si les possesseurs de consoles de salon s’en donnaient déjà à cœur joie avec Paper Mario, les joueurs nomades ne connaissent les joies du RPG à la sauce Mario que depuis l’époque du Game Boy Advance, grâce au très réussi Mario & Luigi: Superstar Saga. Ont ensuite suivi sur Nintendo DS, Les Frères du Temps, qui proposait aux deux célèbres plombiers de faire un bond dans le passé pour y croiser leurs doubles dans leurs jeunes années, et Voyage au centre de Bowser, qui mettait en scène l’ennemi juré de Mario, dont on pouvait explorer les entrailles ! Peut-on trouver plus original pour ce passage de la saga sur Nintendo 3DS ? Voyons cela ensemble.

Au contraire de Paper Mario, qui utilise un univers et des personnages bien connus de la mythologie Mario, Dream Team Bros. est un « vrai » Mario & Luigi dans le sens où il introduit comme à l’accoutumée toute une série de personnages inédits et loufoques et plante l’action dans un univers différent du Royaume Champignon. Cette fois, c’est sur l’Île Koussinos que nos héros ont rendez-vous. Ils y rencontrent le prince Tédibert qui leur demande de venir en aide au peuple Koussinos, emprisonné dans le monde onirique par le maléfique Antasma, qui a décidé de s’allier à Bowser. À vous donc de parcourir chaque recoin de l’île, de la cité balnéaire au désert en passant par les montagnes, à la recherche de coussins magiques sur lesquels seul Luigi peut s’assoupir, ouvrant ainsi un passage vers le monde des rêves dans lequel Mario peut pénétrer pour venir en aide aux insulaires pris au piège.

Si l’action dans le monde réel se déroule en trois dimensions, elle passe en défliement horizontal en deux dimensions, à l’ancienne, dans chaque niveau du monde onirique. Généralement assez courts, ces niveaux sont de parfaits interludes à l’aventure principale et se présentent souvent sous forme de casse-tête à résoudre au moyen des pouvoirs spéciaux dont disposent les plombiers lorsqu’ils unissent leurs forces. Car le Luigi du monde onirique – Oniluigi – n’est plus tout à fait le même et peut notamment se décupler et prendre des formes improbables pour franchir des obstacles a priori insurmontables. En outre, les actions de Luigi dans le monde réel ont un impact dans le monde onirique : chatouillez-lui le nez pour provoquer des rafales de vent dans le monde des rêves ou exposez-le à des températures élevées pour transformer la glace en eau et libérer le passage. Un éventail de possibilités s’offre à vous.

Techniquement, on peut dire que le passage à la 3D est réussi. Sans en faire trop, les environnements sont très propres et les personnages ont gagné en volume. L’ensemble est évidemment toujours aussi coloré et agréable à regarder et les animations sont plus nombreuses qu’auparavant. Au niveau de l’ambiance sonore, c’est un ton en-dessous tout de même, la faute à des thèmes plus énervants que jamais dans le monde des Rêves. Heureusement, les fameuses dialogues en italien sont toujours aussi drôles.

Pour le reste, c’est du Mario & Luigi classique mais comme on l’aime. Des phases d’exploration nécessitant la collaboration des deux frères, des situations et personnages plus déjantés que jamais, des dialogues surréalistes et bien sûr les combats au tour par tour qui nécessitent toujours une bonne dose de réflexes. Infligez deux fois plus de dégâts aux ennemis en appuyant sur A au bon moment, et évitez les contre-attaques avec un timing parfait et un bon sens de l’observation. Pour les néophytes (ou les moins doués), une défaite lors d’un combat fait apparaitre un menu vous proposant de recommencer la bataille en mode facile. Une bonne façon d’éviter les frustrations, sans imposer un jeu trop simple aux habitués.

Enfin, signalons tout de même la durée de vie étonnamment longue pour un jeu de la série : 30 heures… presque trop en réalité, car certaines quêtes un peu redondantes vous obligeant à explorer certains endroits une seconde fois n’étaient pas spécialement indispensables.

Dream Team Bros. n’est peut-être pas le meilleur épisode de la saga, mais il propose en tout cas une idée originale – voyager dans le monde onirique – de façon plutôt bien pensée permettant de varier un peu le (très) long périple de nos compères. La réalisation est soignées et tient la route, l’humour est intact. On n’en demande pas plus.